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05 février 2008
Traité de Lisbonne : se réjouir ? Certainement pas !
Non, la révision de notre Constitution, aujourd'hui, ne me procure aucune joie. Ce congrès du Parlement à Versailles provoque plutôt chez moi un grand malaise. J'aurai tellement souhaité un débat, un combat d'idées, de projets, de visions pour le monde. Retrouver les discussions passionnées de 2005. A cette époque là, les Français avaient voté non, mais au moins on parlait d'Europe. Aujourd'hui, elle se construit, oui, mais froidement, à la sauvette.
L'Europe politique pour laquelle nous nous battons mérite des victoires. Des victoires populaires. Des fêtes. Des visages. Des portes paroles. Des citoyens, des élus qui l'incarnent.
Ce Parlement qui décide à notre place, il n'est pas représentatif. Les parlementaires français sont TOUS sauf représentatifs. Je le dis, je le répète, Nicolas Sarkozy pourra donner l'image (fausse) d'un renouvellement politique au gouvernement, c'est dans nos Parlements qu'il faut renouveller. Tant que nous ne nous sentirons pas représentés, comment voulez-vous que nous soyons parties prenantes ? Nicolas Sarkozy veut moderniser la vie politique française, très bien ! Commençons par le non cumul des mandats. Strict. Un mandat renouvelable une fois. Proportionnelle aussi. Je suis étonnée que notre génération, engagée corps et âme dans TOUS les partis, n'ait pas été invitée à la Commission Balladur. Pourquoi ? Fin de la parenthèse.
L'Europe. Quelle tristesse de passer derrière le dos des Français après leur vote massif contre le traité constitutionnel. C'est bizarre. Personne n'assume les erreurs qui ont été commises. Aucun homme politique n'assume d'avoir donné une mauvaise image de Bruxelles à notre peuple. Une génération a tué, par tactique politicienne, le projet européen en crachant sur Bruxelles à chaque occasion. D'un projet magnifique, inédit, seul capable de nous apporter des réponses dans un monde toujours plus complexe, ils ont laissé le souffle, la vie de l'Europe politique s'éteindre.
Je le dis. Ce jour n'est pas une victoire. Ni pour la France, ni pour l'Europe. Je dis que c'est la dernière fois qu'on décidera pour nous, à notre place, de notre avenir. La dernière fois.
A partir de maintenant il va falloir compter AVEC NOUS. SUR NOUS ! Une génération doit se lever. J'appelle la génération Tchernobyl, la génération Sida, la génération Erasmus, Auberge espagnole, VIE, CSNE, stagiaires (non rémunérés) partout en Europe, serveurs dans des brasseries dans toutes les capitables européennes, la génération Thalys, Eurostar, Ryanair*, Easyjet *à peser, à se réapproprier notre avenir dans l'Europe. Je vous supplie d'incarner l'Europe dans laquelle nous sommes nés, à notre image, partout sur vos blogs avec vos vidéos de week-end, de colloques, vos visites culturelles à Berlin, à Prague, à Barcelone, à Bratislava. Vos entreprises européennes, vos rencontres, vos amours...
Comprenez bien : vous êtes, nous sommes, l'Europe d'aujourd'hui. Vous ne comprenez rien aux institutions européennes ? Apprenons ensemble ! Approprions-nous les toits de notre maison. Les fondations s'effondrent ? Non, pas les fondations d'origine. Pas la vision des Pères de l'Europe. Il va falloir reprendre leur flambeau ! Trop longtemps abandonné. Trop longtemps dévoyé.
* Apprenons à surtout prendre le réseau ferré !
Pour aller plus loin, de toutes tendances :
Fondation Robert Shumann : les fiches pour comprendre le traité de Lisbonne
Café Babel : le magazine européen d'auteurs de notre génération
Le billet consacré à la révision de la Constitution de Jean Quatremer
Un article de Sylvain Lapoix pour Marianne 2 sur ceux qui ont dit non
00:30 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (107)













