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26 février 2008
DISSOLUTION ? Sans polémique, sans pression, sans attaque, je ne vois que cette solution.
Je suis inquiète. J'entends crier au loup et franchement il y a de quoi : loi de rétention de sûreté contraire à ce qui nous restait du Pays des Droits de l'Homme, tentative de coup d'état light en voulant contourner le Conseil Constitutionnel, etc...
Et si chacun prenait ses responsabilités ?
Celle d'admettre qu'on pouvait le prévoir. Celle d'admettre qu'on pouvait l'éviter.
Celle d'agir. Agir pour arrêter le carnage. Arrêter le spectacle qui tourne à la confusion, au désastre. Celle de se mettre au travail. Celle de se dissoudre. Celle d'accepter une nouvelle donne politique.
Celle d'admettre aussi de prendre enfin acte de cette fin de régime.
Celle de dépasser les vieux clivages pour en inventer de nouveaux. Celle d'admettre qu'il n'existe pas aujourd'hui de baguette magique. Celle de dire que personne n'a la solution aux maux dont nous crevons. Celle de dire que les politiques doivent avant tout s'occuper de soigner la politique. Les entrepreneurs, salariés et syndicats, de soigner l'économie. Les journalistes et rédactions de reprendre leurs droits à traiter de l'information comme ils l'entendent.
A chacun d'entre nous de reprendre le calendrier de nos vies. D'arrêter d'être spectateur. Il faut bouger. Il faut agir.
Députés, agissez ! Proposez le vote d'une motion de censure pour renverser le Gouvernement. C'est certainement une utopie : quel député scierait la branche sur laquelle il est assis. Mais quel député est il aujourd'hui serein dans l'exercice de son mandat vis à vis des citoyens qui lui ont fait confiance ? A t'il les moyens de mener son action ? De proposer, de voter, de contrôler le gouvernement ?
Ce soir, après quelques jours de silence, je ne vois qu'une solution. La dissolution. Dans l'intérêt de notre pays. Le président de la République aurait intérêt pour ne plus être en première ligne à dissoudre. A recomposer une Assemblée nationale plus représentative des sensibilités des Français, qui l'oblige à repenser son gouvernement en fonction de leurs aspirations et non des siennes, à prendre de la distance et du recul. On ne fera rien de bon dans ce pays qui traverse une crise généralisée (économique, politique et médiatique) sans travail d'équipe. Nous commençons à voir poindre les limites d'un régime présidentiel, d'ailleurs. Il doit admettre qu'il s'est trompé. Il doit prendre acte. Il doit se protéger. De lui-même et de sa trop grande majorité. Il doit repartir de 0. Il doit renouveller le Parlement. Il doit renvoyer ses conseillers qui l'ont manifestement mal conseillé, et laisser travailler ses futurs ministres. Le futur gouvernement devra au préalable de son action se mettre d'accord sur un calendrier de réformes à mener, qu'ils mèneront de manière concertée et collective. Il faut repenser la rupture qui devrait ne pas être une rupture de comportement, mais bien une rupture de méthodes. Le 21ème siècle est celui du coopératif, de la décentralisation, de la mutualisation, de l'innovation, du volontariat, de la diversité, de l'open source.
Qui suis-je pour dire ça ? Une citoyenne qui croit encore à l'action publique, à la défense de l'interêt général. Je n'ai pas donné ma voix au Président de la République actuel, et je ne le regrette pas. Pour autant, il est là, bel et bien en place et je cherche des contre pouvoirs. Ailleurs que dans la rue. Ailleurs que dans une élection municipale, dont les enjeux locaux sont trop importants pour être sacrifiés sur l'autel de la politique politicienne et nationale. Je la cherche dans la seule institution pouvant contrôler son action : le Parlement.
Notre Parlement doit être réformé. J'aurais aimé que la nouvelle génération engagée soit d'ailleurs consultée plutôt que ces charmants dinosaures qui ne seront plus là quand nous, nous en subirons encore les conséquences. Je ne donne pas cher de notre démocratie si rien n'est fait dans le sens d'une nouvelle Constitution et d'une réforme digne de nos aspirations.
Dissolution ? Je ne vois que cette solution. Qu'en pensez-vous ? Pourriez-vous appeler le chef de l'Etat à dissoudre ?
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