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21 mars 2008
Bleu sur rouge, rien ne bouge ! Excellent article de Sylvain Lapoix sur Marianne 2.fr
J'ai beaucoup aimé cet article posant enfin le problème de l'analyse du scrutin par le Ministère de l'Intérieur et donc par les médias. Article à méditer pendant le week-end. Sur Europe 1, je me suis exprimée à plusieurs reprises sur ce "vol" orchestré par le PS et l'UMP sur ces élections. Quand vous avez la cartographie avec les deux logos de ces partis et l'un à 49.7 et l'autre à 47.3, c'est purement et simplement de la désinformation.
Et quand le même graphique est utilisé avec gauche et droite, c'est moins du vol en apparence, mais en fait non, ça vous le lirez dans l'article. Si mes souvenirs sont bons, sur 36 000 communes, seulement 4 000 sont conduites sous des bannières partisanes. Dans le traitement de l'information ce n'est pas ce que l'on comprend. A méditer donc... Bonne lecture !
Lors des élections municipales, de nombreux candidats sans étiquette ont été classés par les services des préfectures en rouge (divers gauche)... mais surtout en bleu (divers droite). Eh oui : les services des élections n'ont pas encore la quadrichromie!
A Volvic, par exemple...
Dans la palette électorale du ministère de l'Intérieur, il n'y a que du bleu, du rouge, et quelques nuances foncées ou pastels de ces deux couleurs. Si cela ne change rien pour les élections nationales où, peu ou prou, tous les candidats obéissent au clivage gauche-droite, c'est un vrai problème pour les scrutins locaux et leurs innombrables listes inclassables. Quelle couleur donner à Fouras (Charentes) où se sont affrontées, entre autres, «Fouras ensemble», «Fouras 2008» et «Vivre à Fouras», trois listes déclarées sans étiquette ? La réponse du ministère est simple : c'est l'employé de la préfecture qui décide !
La couleur qui manque...
Résultat : à Breteil (35), Corte (20), Guenage (57) ou encore Volvic (63), tous les sans étiquette ont connu le même traitement : tous à droite ! Selon le ministère de l'Intérieur, les employés de mairie chargés de l'inscription des candidats confrontés à un «sans étiquette» sont priés de lui attribuer une affiliation politique qui rentre dans le «nuancier» limité de la place Beauvau. L'usage veut que l'on se base sur les prises de positions du candidat lors des précédentes élections pour se faire un avis sur sa tendance, plutôt à gauche ou plutôt à droite.
Suivant le décret du 30 août 2001, signé Daniel Vaillant, chacun peut consulter la nuance qu'il s'est vu attribuer en en faisant la demande à la préfecture. Or, cette disposition n'ayant pu rentrer en vigueur à l'occasion des municipales de 2001, les municipales des 9 et 16 mars derniers furent l'occasion de leur première application, et beaucoup ont découvert sur les sites Internet permettant de consulter les listes les nuances qui leur avaient été attribuées. Ainsi, le nouveau maire de Volvic, M. Hamoumou (sans étiquette), a-t-il appris qu'il était enregistré sous l'étiquette «divers droite» en lisant Le Monde.fr. Alors qu'à l'occasion du premier conseil municipal, il a confessé à ses adjoints une sensibilité «gauche centriste», tout en revendiquant fermement le fait d'être «sans étiquette». En attendant, Volvic apparaît sur les cartes du ministère de l'Intérieur comme un point bleu de 4400 âmes.
A Marquette-lez-Lille, dans le Nord, les employés préfectoraux ont fait du zèle : le délégué venu déposer la liste de Jean Delebarre a été prié d'indiquer la tendance politique de chacun des 33 membres de la liste ! «Quand il a refusé de le faire, il lui a été expliqué que le préfet se chargerait de désigner une nuance générale, explique un collaborateur du maire réélu. Comme nous avions une opposition à gauche, il nous a classés divers-droite, ce que nous avons appris dans le Journal du Dimanche.» Journal du Dimanche qui a reçu les informations du service des élections du ministère de l'Intérieur, qui centralise les inscriptions.
La couleur qui manque...
Résultat : à Breteil (35), Corte (20), Guenage (57) ou encore Volvic (63), tous les sans étiquette ont connu le même traitement : tous à droite ! Selon le ministère de l'Intérieur, les employés de mairie chargés de l'inscription des candidats confrontés à un «sans étiquette» sont priés de lui attribuer une affiliation politique qui rentre dans le «nuancier» limité de la place Beauvau. L'usage veut que l'on se base sur les prises de positions du candidat lors des précédentes élections pour se faire un avis sur sa tendance, plutôt à gauche ou plutôt à droite.
Suivant le décret du 30 août 2001, signé Daniel Vaillant, chacun peut consulter la nuance qu'il s'est vu attribuer en en faisant la demande à la préfecture. Or, cette disposition n'ayant pu rentrer en vigueur à l'occasion des municipales de 2001, les municipales des 9 et 16 mars derniers furent l'occasion de leur première application, et beaucoup ont découvert sur les sites Internet permettant de consulter les listes les nuances qui leur avaient été attribuées. Ainsi, le nouveau maire de Volvic, M. Hamoumou (sans étiquette), a-t-il appris qu'il était enregistré sous l'étiquette «divers droite» en lisant Le Monde.fr. Alors qu'à l'occasion du premier conseil municipal, il a confessé à ses adjoints une sensibilité «gauche centriste», tout en revendiquant fermement le fait d'être «sans étiquette». En attendant, Volvic apparaît sur les cartes du ministère de l'Intérieur comme un point bleu de 4400 âmes.
A Marquette-lez-Lille, dans le Nord, les employés préfectoraux ont fait du zèle : le délégué venu déposer la liste de Jean Delebarre a été prié d'indiquer la tendance politique de chacun des 33 membres de la liste ! «Quand il a refusé de le faire, il lui a été expliqué que le préfet se chargerait de désigner une nuance générale, explique un collaborateur du maire réélu. Comme nous avions une opposition à gauche, il nous a classés divers-droite, ce que nous avons appris dans le Journal du Dimanche.» Journal du Dimanche qui a reçu les informations du service des élections du ministère de l'Intérieur, qui centralise les inscriptions.
Photo Cathy Lehnebach
Une invitation à devenir royaliste, anarchiste...
En cas de contestation, une seule procédure, la plupart du temps inefficace : le recours auprès du préfet. Mais l'attribution d'une nuance étant motivée par une «enquête» des employés de la préfecture, la plupart de ces demandes sont rejetées. Quand elles sont acceptées, la seule catégories qui ne recoupe pas l'échiquier «gauche-droite» traditionnel dans le nuancier du ministère de l'Intérieur est la mention «Autre». Une case derrière laquelle se pressent en pagaille les royalistes, les anarchistes, les partis régionalistes, et d'autres tendances politiques «alternatives» et souvent extrêmes. Une compagnie que les candidats des petites villes préfèrent éviter.
Le plus cocasse, c'est que c'est à l'heure de «l'ouverture» voulue par Sarkozy, où gauche et droite s'allient dans les mêmes listes, que ce texte rentre en vigueur, coupant une nouvelle fois tout ce petit monde en deux. Certes, quand on voit dans certains départements plus de 60% de candidats se déclarer sans étiquette lors des municipales, on peut comprendre le besoin de «cadrer» un peu. «Beaucoup s'affichent sans étiquette alors qu'ils ont des fonctions dans des grands partis, c'est vrai, concède-t-on dans l'entourage d'un maire étiqueté d'office. Mais l'évolution des partis politiques amènera de plus en plus à ce type de situation : c'est inquiétant que le ministère de l'Intérieur ne soit pas outillé pour en tenir compte.»
Alex Türk, sénateur du Nord et président de la Commission nationale informatique et liberté (Cnil), a d'ores et déjà déposé un recours auprès de la ministre de l'Intérieur pour modifier le nuancier. L'équipe du maire de Marquette-lez-Lille a saisi la même Cnil à ce sujet et les services juridiques de cet organisme planchent sur un moyen de modifier cette «nomenclature qui force la nuance», pour reprendre les termes d'un candidat étiqueté d'office. Même si les villes concernées sont rarement peuplées de plus de 5000 habitants, on peut se demander si, à coup «d'étiquette» divers droite, il n'est pas aisé de «bleuir» une France trop rose ou qui risquerait de le devenir. Quand l'UMP affiche 47% au niveau national et le PS 49%, on peut se demander où se joue la nuance. Une question à laquelle le service des élections n'a pas souhaité répondre. Mais nous, nous savons de quelle couleur ils étaient, dans ledit service, quand nous les avons appelés : ils étaient verts.
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