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04 avril 2008
Coupure d'accès à internet suite à une violation répétée du droit d'auteur : Merci Denis Olivennes ! Attention, atteinte aux libertés ! La quadrature du net par Christophe Espern
Je tiens à vous faire connaître pour celles et ceux qui l'auraient raté sur le net, ce texte dont je partage l'analyse et soutiens la vision "politique" citoyenne. (Je vous tiendrais au courant des différents textes de loi à venir.)
Le Parlement débattra bientôt d'un projet de loi « relatif à la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet ». Ce projet reprend les recommandations formulées par Denis Olivennes, alors PDG de la FNAC. L'une des mesures phares consiste à sanctionner une violation répétée du droit d'auteur en coupant l'accès à Internet du foyer.
Cette sanction serait prononcée par une autorité administrative dite « indépendante ». Signalés par des acteurs privés balayant internet, les délits supposés seraient ensuite constatés, à distance, par des agents administratifs ayant accès aux données personnelles de connexion. Le tout sans contrôle de l'autorité judiciaire. À ce jour, seules les forces de l'ordre luttant contre le terrorisme disposent de ce pouvoir d'exception, à titre temporaire, jusqu'à fin 2008.
Ce projet de loi sidérant, élaboré dans des conditions qui le sont tout autant – a-t-on jamais confié une mission sur les OGM à Monsanto ? – est révélateur d'une fuite en avant dangereuse pour la démocratie, la société et l'économie.
En France, nombre de lois et règlements sur le numérique ont été adoptés ces dernières années, sans concertation préalable ni bilan de l'existant, sous la pression de lobbies. Ainsi, le rapport d'application prévu pour février 2008 de la très décriée loi sur le droit d'auteur de 2006, adoptée en urgence, n'est même pas entamé que le projet Olivennes est déjà rédigé.
Or ces textes sont en décalage avec la réalité des usages et des techniques. À peine votés, ils sont obsolètes, inapplicables, inopérants. Les juristes en perdent leur latin. C'est la quadrature du Net : le diable ne veut pas rentrer dans la boîte !
Et si le diable était la boîte ?
Poser la question est hérétique en soi. Quand la légalisation des échanges de musique et films contre rémunération des artistes a été votée par des députés de tous bords fin 2005, le gouvernement pressé par les éditeurs l'a fait retirer immédiatement par une majorité remise au pas. Denis Olivennes a lui annoncé dès sa nomination qu'il n'était pas question de l'étudier. La ministre la Culture l'a aussi péremptoirement écartée quand la commission Attali pour la libération de la croissance l'a préconisée.
Le projet Olivennes inscrit donc le gouvernement dans une dérive dogmatique, quasi-obscurantiste, et autoritaire. Il écoute des oracles usés, considérant le progrès comme une menace plutôt qu'une opportunité. L'étape proposée constituerait cependant une régression sans précédent si elle était franchie.
Les ministres de la culture et de la justice suédois, qui ont rejeté récemment un projet similaire, ne s'y sont pas trompés, déclarant que « la coupure d’un abonnement à Internet est une sanction aux effets puissants qui pourrait avoir des répercussions graves dans une société où l’accès à internet est un droit impératif pour l’inclusion sociale ». D'autant plus qu'en cas d'offre triple play, le téléphone et la télévision pourraient être coupés aussi. La mort sociale électronique de familles entières au nom du droit d'auteur ? Beaumarchais, Victor Hugo, Jean Zay seraient scandalisés.
Et que dire de l'extension de mesures d'exception prévues pour lutter contre le terrorisme, afin que des acteurs privés puissent chasser l'internaute et contourner l'autorité judiciaire ? Qui peut croire qu'un internaute sanctionné de la sorte ira dépenser son argent à la FNAC ? Surtout que même suspendu, son abonnement sera toujours à sa charge !
Quant au coût pour le contribuable et l'économie, il est à ce jour inconnu. Aucune étude d'impact n'a été réalisée. Tracer, menacer, réprimer des millions de personnes via une justice parallèle aura pourtant un prix. Déconnecter des foyers, des entreprises, aussi. Les finances publiques et tous les usagers devront le supporter.
Il est impossible de contrôler efficacement la circulation de l'information à l'ère du numérique par le droit et la technique sans porter gravement atteinte aux libertés publiques et entraver le développement économique et social. Mais il existe d'autres solutions : sécuriser juridiquement les usages démocratiques et créatifs de la Toile, permettre aux entrepreneurs du web d'innover sans risque, revoir les mécanismes de répartition de la richesse existante, admettre enfin que l'approche répressive et la concertation réduite à quelques lobbies mènent à l'autoritarisme de marché.
Il a fallu plus de 3500 ans pour démontrer qu'il était impossible de faire rentrer sans perte des ronds dans des carrés avec une règle et un compas, à cause de la transcendance de Pi. Comme la quadrature du cercle en son temps, la quadrature du net ne sera dépassée qu'en changeant d'outils et de perspectives. Faudra-t-il 3500 ans pour que le législateur le comprenne ?
Diffusion de ce texte dans son ensemble encouragée tant que la présente mention est préservée.
23:55 Publié dans Contre riposte graduée, hadopi, Rapport Olivennes | Lien permanent | Commentaires (152) | Envoyer cette note | Tags : hadopi, riposte graduée, lois liberticides, rapport olivennes, économie numérique, dadvsi, quadrature du net
Commentaires
Vous êtes merveilleuse de fraicheur c'est un plaisir de vous lire
Ecrit par : emilie | 05 avril 2008
Pas du tout, mais alors pas du tout d'accord.
(Faut bien que ça arrive de temps en temps).
On parle de quoi ? De droits d'auteur, de respect des oeuvres d'auteurs, d'artistes qui travaillent. La rémunération de leur travail se retrouve gratuitement sur internet.
Je ne comprends pas ce que vient foutre Beaumarchais ici. Pourquoi faire parler les morts pour défendre un point de vue ? Qu'en sait-on d'ailleurs de leur point de vue là-dessus ?
Le téléchargement, c'est du vol. Désolé d'être aussi trash, mais imaginerait-on se rendre dans une boulangerie pour y prendre gratuitement une baguette de pain, seulement sous prétexte que le boulanger s'est absenté dans l'arrière boutique ?
Par pitié, si on veut avoir accès aux livres, à la musique, aux DVD, proposons ! Proposons par exemple une gratuité des bibliothèques, dvdthèques, pour les plus défavorisés (quand ce n'est pas déjà le cas ...)
Alors franchement, si le respect d'artistes, ou tout simplement de travailleurs passent par la coupure de la connexion Internet, d'accord ! Mais proposons parallèlement un plus libre accès à la culture.
Ecrit par : Lancelot | 05 avril 2008
Je pense qu'internet est un phénomène sociétal majeur et complexe.On a d'un côté le rythme du développement des nouvelles technologies qui modifie les besoins du citoyen et de l'autre une créativité pour sans cesse développée.Donc il y a un dualisme de contrainte et d'opportunité.
Ce dualisme soulève ma question: quelle est l'impact en terme de relation :usagers et droits d'auteur ??
Pierre
Ecrit par : ulm pierre | 05 avril 2008
lire"pour sans cesse développer".
Pierre
Ecrit par : ulm pierre | 05 avril 2008
@ Martin Luther King
Hors sujet mais j'ai oublié de mentionner qu'il y a 40 ans en Avril 1968 était assassiné Martin Luther King à Menphis...
"I have a dream"
Martin Luther King
Aout 1963
Pierre
Ecrit par : ulm pierre | 05 avril 2008
@Lancelot,
Pas du tout d'accord avec toi.
Voler un objet dans un magasin et télécharger une chanson, ça n'a rien à voir. Quand tu télécharges la chanson, tu la copie, elle est donc multiplié par deux. L'auteur ne la perd pas. Il peut la distribuer à l'infini pour de manière gratuite. Tandis que lorsque tu voles un objet, le magasin le perd et ne le vendra pas. Il y perdra la matière première plus le temps de travail.
Internet est un espace où la culture est abondante et libre d'accès. La démarche mercantile doit être différente. Pour vendre, il faut d'abord donner, il faut montrer une certaine éthique et créer une communauté de fan. L'artiste pourra être rémunéré par ses fans en rentabilisant ses espaces de discussions, en vendant des objets dérivés, en lançant des appels aux dons, en allant au contact de ses fans, en donnant des concerts...etc
Il y a milles et une façon de rentabiliser des données que l'on diffuse gratuitement. Il suffit d'être un peu futé et ne pas voir internet comme la fin du commerce. C'est au contraire une incroyable opportunité de donner un visage plus humaine au commerce en renouant avec la proximité et mettant en avant une éthique.
Je prendrais très simplement l'exemple de la société canonical qui entretient en partenariat avec la communauté libre Ubuntu, le système d'exploitation ubuntu. Canonical emploi quelques développeurs qui travaillent en collaboration avec des bénévoles. Ce partenariat repose sur un contrat très simple, le système d'exploitation doit rester sous contrat gpl, une licence libre, qui permet à chacun de disposer du code source et de créer un nouveau ubuntu si cela lui chante. Le système d'exploitation est donc entièrement gratuit et sa qualité est ardemment défendu (avec raison) par une communauté réellement militante. C'est une force incroyable pour canonical. Tu me demanderas, comment canonical fait son beurre ? Très simplement, elle vend son support aux entreprises qui adoptent Linux Ubuntu. Et grâce au système d'exploitation qui se bonifie de jour en jour par les apports divers d'une communauté très large et donc d'une richesse d'idée pratiquement infinie, canonical vend de plus en plus son support. Ce business modèle est une réussite parce qu'il est parfaitement adapté au fonctionnement d'internet. Il est humain, riche, innovant, éthique et généreux.
Et je vais t'apprendre une grande nouvelle, il est transposable pour toute l'économie immatérielle.
Bien sur, l'adaptation ne se fera pas sans mal. Mais il faut la faire. Et je pense qu'elle est avantageuse. Non, j'en suis même sur... Il suffit de voir la nouvelle poule aux oeufs d'or de google, elle s'appelle open social et est une fondation à but non lucrative. Derrière, google va encore ramasser des milliards et des milliards.
Ecrit par : Antonin | 05 avril 2008
@Quitterie : merci, j'etais passé à côté merci.;et je note l'importance des elections européénnes de l'année prochaine! bises
@lancelot : c'ets rare mais j'suis pas trop d'ac avec toi et plutôt d'ac avec Antonin, des bises, virginie
@Antonin : merci super interessant, amities
Ecrit par : virginie v | 05 avril 2008
@ Quitterie
bonne nuit
@Lancelot
bonne nuit
@Antonin
bonne nuit
Pierre
Ecrit par : ulm pierre | 05 avril 2008
@ Antonin >> je conçois très aisément que l'on ne soit pas d'accord sur ce sujet, je sais que mon positionnement est minoritaire, mais j'y ai longuement réfléchi, et je crains malheureusement que l'on n'arrive pas à m'en faire changer d'avis.
Si tu n'aimes pas mon exemple de la boulangerie, je peux t'en trouver un autre. Je vais prendre celui du brevet scientifique, ou industriel tout simplement, ou même pharmaceutique (bien que le cas soit différent). Avec un brevet, tu "crées", tu "trouves", et tout cela est issu d'un travail, pour lequel tu es rémunéré. Il est donc normal (pour moi) que le trouveur, le créateur soit protégé, et qu'il trouve un bénéfice de son travail.
Tu prends l'exemple de la musique, citant les produits dérivés. Mais si on décide de "copier" car après tout, si je suis ton raisonnement pour mieux le diffuser, pourquoi ne pas copier également les produits dérivés ? Mais comment faire pour le cinéma par exemple ? Des produits dérivés sur un film ne rapporteraient quasiment rien : l'espérance de vie est bien plus courte.
Par ailleurs, tu cites l'exemple de Canonical. Sauf qu'il s'agit bel et bien là d'un choix stratégique d'une entreprise, retombant sur ses pattes. Libre à elle de faire de ce qu'elle veut. Comme je dirais : libre aux artistes de faire ce qu'ils veulent. Si ils ont envie de donner leurs productions en libre accès, gratuitement, c'est à eux de le décider, par à autrui. Car, je pense, personne n'est meilleur juge en l'occurrence.
Elargissons d'ailleurs le débat. Devrait-on, en suivant cette logique, autoriser la reproduction libre des photographies ? Des livres ? Pourquoi pas : des sculptures, des peintures ? Car pourquoi internet serait différent du reste, après tout il s'agit de culture ... Je pousse "votre" raisonnement au jusqu'au boutisme. Mais je pense qu'il est nécessaire d'y réfléchir également.
Enfin, je connais certains artistes qui refusent de voir leur "oeuvre" dénaturer par la copie. Elitisme pourra-t-on me dire. Ou snobisme. Peu importe. L'encodage mp3, on n'aura beau dire, ne vaut pas un bon enregistrement traditionnel. Un photographe hurlerait de voir ses clichés imprimés sur un mauvais papier avec une imprimante couleur pourrie.
Alors oui, si certains artistes souhaitent "donner un visage plus humain", c'est leur choix. Mais il y a des hommes derrière tout cela, ceux qui créent. Alors demandons-leur leur avis, et laissons-leur leur libre arbitre.
Bonne nuit.
Luc
Ecrit par : Lancelot | 05 avril 2008
Lz contrefaçon est un délit. Et quand elle est répétée il faut sanctionner. Sinon c'est tout l'art qui est ruiné et les artistes qui n'ont plus à manger ni à se vêtir ni à se loger, et leurs enfants.
Quand vous téléchargez sans rétribuer l'auteur, vous jetez des enfants à la rue...
Voilà la vérité.
J'ajoute que les deux journaux citoyens Agoravox et Centpapiers sont constitutifs de contrefaçons, en exploitant 200 articles de Demian West sans son accord et sans le rétribuer et tout en le censurant et en lui interdisant l'accès à son compte et à ses articles.
L'internet est une zone de non droit qu'il faut redresser avec toutes les pratiques du droit. Comme le far west a dû être redressé par la présence de la loi au fur et à mesure que la société américaine s'est constituée.
Aujourd'hui les internautes s'adonnent à des comportements de délinquants et en masse. Et ceci ne saurait vaincre, car alors ce serait le fascisme qui est le règne des délinquants.
Une personne qui répète un délit en connaissance de cause, eh bien elle milite pour installer le délit dans la société. Et c'est mal.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
Si la contrefaçon était acceptée et non plus comme un délit en France, alors le vol serait autorisé. C'est aussi simple que ça.
J'ajoute que la Révolution Française s'est installée et tous les droits citoyens à partir de ce droit des auteurs qui est sacré. Puisqu'il autorisait aussi l'expression libre.
Le téléchargement sauvage tue l'expression libre.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
Le cercle de la fin de la liberté est celui-ci. D'abord les masses téléchargent, puis il faut empêcher l'extension du délit. Les masses ne veulent rien entendre, et les autorités doivent sanctionner. Et donc, on accuse ceux qui défendent le droit sacré des auteurs d'être des oppresseurs, quand ils défendent la liberté d'expression. A la fin, les artistes comprennent qu'ils ne peuvent plus vivre de leur vocation et ils arrêtent. Et la société meurt en quelques décennies, de la même façon qu'une seule génération a tout dévoré de la planète et que les systèmes écologiques meurent dans les quelques décennies devant nous.
Mangez et buvez et volez les artistes puisque demain vous mourrez...No futur !
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
Et de dire que Beaumarchais ou Hugo auraient accepté la contrefaçon étendue est un propos totalement révisionniste des faits historiques et de l'esprit de ces auteurs. Puisqu'ils défendaient les auteurs avant tout. Et comment !
J'ajoute que les masses regardent rarement la télé pour y mirer du Hugo ou du Beaumarchais. Christophe Espern n'est pas assez historien pour débattre de ces choses qui le dépassent.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
Actuellement des pouvoirs tentent malhabilement de préempter l'internet et par le biais des journaux citoyens et pour entériner la contrefaçon comme une pratique non délictueuse. Et ces gens sont en train de ruiner les populations en occident. Car les richesses de l'occident sont les brevets et les inventions, artistiques aussi. La contrefaçon par le téléchargement est une pratique plus ultra que l'ultra-libéralisme. Elle ruine tout l'édifice du droit qui ne sera plus respecté. Car c'est le but : instaurer un nouvel ordre sauvage du tout est possible. D'abord ce sera la jouissance sans frein et l'allégresse, puis la dévoration et la guerre la plus atroce.
Toutes les utopies du passé ont tourné dans les pires systèmes contraignants et dictatoriaux, à l'est comme à l'ouest. Dire que tout est gratuit et que tout est permis est une utopie qui autorisera les pires crimes dans peu de temps.
Les artistes sont toujours visés les premiers, et tout système dictatorial s'en prend aux artistes d'abord, car ils sont les emblèmes de la liberté.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
Et le pire c'est que je suis absolument sûr que Quitterie ne télécharge jamais sans s'assurer qu'elle en a l'autorisation. Et donc qu'elle est mue juste par le souhait que la sanction ne soit pas trop sévère pour les pirates un peu trop romantiques trash. Ca s'défend. :-))) hi hi hi !
Kissya Quitterie.
(bon là j'crois qu'j'ai tout dit)
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
@Antonin
Votre opposition entre un produit volé dans un supermarché et sur internet ne tient pas la route. Quand vous volez un CD dans un magasin,c'est comme sur le net, l'artiste a toujours sa chanson. Vous confondez la nature des produits.
Pour un CD Ce n'est pas la matière que vous achetez. Le plastique est une part négligeable du prix. Alors que pour le pain c'est uniquement la matière que vous consommez. La gratuité du travail s'appelle l'esclavage et chaque internaute qui télécharge est un esclavagiste qui se planque derrière la banière de la liberté ce qui n'est pas le moindre des paradoxes et de l'hypocrisie.
Ecrit par : pixel | 05 avril 2008
J'ajoute que les artistes dans ce système vont retourner au "live" Seuls les plus riches pourront en profiter, une sorte de retour a l'art de cour.
Ecrit par : pixel | 05 avril 2008
Comme je le disais hier ou plutôt avant hier le secteur tertiare en 200 ans a fait une percée inexorable passant de 15 à 70% avec une diminution de l'industrie et de l'agriculture.Et bien cette poursuite de cette tertiarisation a donné aux idées ,aux marques et aux concepts un rôle de plus en pus déterminant:c'est l'économie de l'immarériel.
Il faut changer les réflexes et améliorer le système des droits d'auteur.Protéger les idées au niveau européen avec le protocole de Londres.En un mot relancer le projet de brevet communautaire.
Pierre
Ecrit par : ulm pierre | 05 avril 2008
Au fait personne ne parle de Médiapart et d'Edwy Plenel pourtant l'abonnement a démarré le 16 Mars?????
Le suucés ne se fera que sur le temps et le nombre d'abonnés.Au bout de 3 ans Edwy pourra faire son bilan mais il lui faut au moins plutôt il lui faudra dans 3 ans environ 65 000 abonnés.
Comme dit Edwy qui en connait un rayon le seul problème c'est le temps.
Je posais la question car je ne suis pas abonné,c'est quand même 9 euros par mois et je pense mais ne suis pas sûr qu'il y ait une réduction pour les Etudiants mais je ne suis pas sûr à 100%...
Pierre
Ecrit par : ulm pierre | 05 avril 2008
On ne peut pas accepter la contrefaçon étendue sans dans le même temps ne pas accepter la corruption étendue à tous les systèmes de l'Etat. Car c'est la même chose, tout autoriser et ne plus rien sanctionner. J'suis d'accord si c'est le choix général, mais faudra se mettre tous ensemble d'accord sur la date qui permettra cette grande fête libératoire. Car je ne voudrais pas manquer ça. Pour ce qui est des licences je ne serais pas le dernier, et il faudra bien attacher vos biens même immatériels.
C'est quand même une drôle de société, qui autorise le vol, met du poison dans la bouffe partout et qu'elle t'interdit même de baiser sans plastique. J'aimerais pas avoir 20 ans aujourd'hui.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
@Luc
Comme tu le dis, la qualité MP3 ne remplace pas un vrai format CD audio. Les CDs continueront de ce vendre. Aujourd'hui, qui s'en met plein les fouilles avec ces CD ? Les maisons de disques. Et l'artiste n'hérite que de clopinettes... Avec internet l'artiste peut s'occuper lui même de sa promotion. Il y a des services qui lui permettent de vendre des CD sans investir un rond ! Le service en question lui prend seulement 5% du prix de chaque CD vendu.
Pour le Cinéma, il y a une augmentation de la consommation de film. Certaines études expliquent que le téléchargement gratuit de film auraient des effets positifs sur l'industrie. Ils serviraient de produit d'appel pour le cinéma en général. Les gens pouvant consommer d'avantage s'intéressent d'avantage et vont plus au cinéma. Double bénéfice, bénéfice culturel pour un grand nombre de français qui ne peuvent pas s'acheter de produits culturels (s'ils ne téléchargeaient pas, une partie des français n'achèteraient quand même pas), bénéfice pour les cinémas qui vendent très bien leur place.
Je pense qu'il faut effectivement laisser le choix aux uns et autres. Mais il est clair que copyrighté devient désuet. Les contrôles pour le faire respecter n'existeront jamais, ils seront toujours détournés, ne nous voilons pas la face.
Ça me fait penser à la fabuleuse invention de Gutenberg au XVe, l'imprimerie, ça a été quelque chose de révolutionnaire et d'émancipateur. Cela a remis l'ordre établis en cause. Mais ça a permis un accès plus grand au savoir. Le savoir a permis cela. Internet, c'est pareil. Les industries et la société vont s'adapter. Il faut simplement qu'elles continuent d'innover et trouver de nouveaux modèles économiques basé sur les communautés en ligne.
Quand on est dans une société d'abondance d'informations immatérielle, pourquoi devrions nous nous amuser à créer de la rareté... ? Si les gens veulent donner, laissons les donner. S'ils ne le veulent pas, très bien, ils peuvent toujours vendre de manière traditionnel mais ils y perdront.
Sur internet, nous sommes passer d'une réciprocité négative, un échange de nature totalement utilitaire, à une réciprocité équilibrée, un échange de nature social et utilitaire. Alors que chacun cherchait à filouter l'autre et se placer dans une logique d'accumulation sans prendre en considération les besoins humains des personnes, et bien j'ai l'impression que cela commence à changer, en tout cas sur internet. Et j'espère que cette culture s'exportera au-de-là de la toile.
Ecrit par : Antonin | 05 avril 2008
Antonin,
Quand tu dis que ceux qui veulent vendre de façon traditionnelle se perdront, tu exprimes un désir, ton désir bien personnel. Car tu veux tout obtenir pour rien. Et tu sais que si un seul vend selon l'ancien système la gratuité s'effondre. Et quand on veut imposer un seul système pour tous c'est la dictature.
Personne n'a le droit d'imposer aux artistes qu'ils offrent leurs oeuvres. C'est du despotisme qui frise la pire malhonnêteté sinon la plus rampante bêtise.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
@Pixel,
Allons, allons, je vous assure qu'il n'y a aucune hypocrisie dans mes propos. Je suis simplement réaliste et tourner vers l'avenir. Vouloir empêcher les internautes de télécharger, c'est comme vouloir arrêter un torrent avec les mains, c'est impossible. Vous proposez de stigmatiser les 11 millions d'internautes français qui font chauffer la mule pour écouter de la musique qu'ils n'achèteraient pas pour maintenir ce modèle économique caduc ?
Personnellement, je télécharge mais quand j'aime particulièrement un artiste je l'achète, avec mes modestes moyens. Ce que je télécharge, je ne l'aurai pas acheter de toute manière. Je trouve stupide d'obliger les gens qui on peut d'argent à rester inculte sous un prétexte faux, qui plus est... !
Essayez de dédoubler un pain à partir de rien, si vous le faites: chapeau. Si je vous donne le pain, je n'en ai plus. Si je vous donne une musique, je l'ai encore. Magique, la rareté n'existe plus.
En réalité, les gens ont peur de l'abondance parce que cela entraînerait une importante mutation de la société.
Ecrit par : Antonin | 05 avril 2008
Et d'un simple point de vue psychanalytique, cette propension à tout vouloir sans le payer et par le biais de constructions de théories foireuses et prétextuelles manifeste un refoulement de sa propre condition de pauvre incapable de se payer un cd. C'est tout. La masse qui télécharge est la troupe des défavorisés qui s'en prennent aux artistes car ils n'ont même plus la force de s'en prendre aux puissants et patrons.
Voilà la vérité la plus dure...
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
@ Antonin,
Ce ne sont pas les machines et outils techno-scientifiques qui font les lois et de droit, mais des hommes et des femmes. Sinon la bombe atomique aurait pété toutes les minutes ces dernières décennies et le clonage humain serait déja autorisé, ce qui n'est pas le cas, même si la science le permet.
Tu es un adulateur des machines et c'est grand tristesse. La culture tient toujours compte de l'humain et donc de l'auteur.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
@Demiam,
C'est comme-ci tu m'expliquais que le libéralisme était le fait d'un seul. C'est l'évolution des choses, des pratiques, des habitudes, des façons de concevoir le monde... Cela n'a rien d'autoritaire.
Moi je dis seulement qu'il y a un intérêt social et utilitaire à offrir de l'information... Cet intérêt repose sur la communauté, l'exploitation de l'intelligence collective. Notre économie immatérielle est adaptable à cette situation. Et je crois qu'elle peut même être plus lucrative qu'une économie entièrement basée sur la propriété intellectuelle.
Et je crois que nous en viendrons même à une certaine partie de l'économie matérielle... Saviez-vous qu'il existait des imprimantes 3D ? Des espèces de micro-usine ? Vous voulez un tasse avec un dessin de votre création dessus ? Il vous suffira simplement de fournir votre machine en matière première et votre tasse sortira de la boîte.
Ecrit par : Antonin | 05 avril 2008
C'est bien ce que je disais, Antonin, vous êtes un fanatique de la techno-science. Et je ne doute pas qu'elle saura vous fournir une sculpture 3D de la femme dont vous rêvez et que vous pourrez tout faire ce que vous voudrez avec cette esclave sexuelle. ¨
Pour ma part, je préfère les bonnes et vraies odeurs phéromonées bien réelles et la petite causette flirtée avant tout le reste qui vient s'il vient, c'est ça le plaisir de la vraie vie, c'est le hasard heureux de l'escarpolette.
Et puis, je m'étonne que vous remarquez surtout ces belles inventions des sciences qui n'empêchent pas les prix des matières premières, du lait du pain etc., d'exploser dans les supermarchés.
D'une part on réduit les revenus des artistes, et d'autre part tout augmente sauf les prix de leurs oeuvres, gratuites en plus. MDR.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
Vous agissez comme des drogués qui doivent commettre des délits pour avoir leur dope. Et pour vous étaler sur votre pieu à écouter de la musique tout le jour... et fuir le monde réel.
A la fin, ceux qui vous fournissent la dope vous diront que vous n'avez plus besoin d'argent puisque tout (l'immatériel) sera gratuit. Et fini le salaire minimum et même le salaire. Et là vous ne pourrez plus rien acheter du tout, même plus une orange...rien.
Et vous pourrez toujours mordre dans l'orange 3D gratuite signée Duschmol mais sans jus ni vitamine C.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
@Pierre: Oui, il faut soutenir et faire connaître MediaPart! Vraiment, je ne regrette pas mon abonnement!
Concernant les tarifs, il existe un tarif réduit de 5 euros par mois (ou 50 euros à l'année, 2 mois gratuits) pour les moins de 25 ans, les chômeurs, les petites retraites etc.
@tous les autres, concernant le piratage: je penche plus naturellement vers l'avis de Luc concernant le vol (de la musique comme de la baguette de pain). Néanmoins, je n'ai pas encore lu l'article présenté par Quitterie, ni même compilé de l'info sur le rapport Olivennes. Donc pour les sanctions et mon avis à ce sujet, je repasserai plus tard!
Nicolas
Ecrit par : Nicolas Vinci | 05 avril 2008
Antonin
Que l'informatique nous emmene vers de nouvelle façon de consommer c'est vrai. Mais la base économique et de la vie c'est l'échange, ce qui fait de la gratuité une lubie, vestige de l'enfance où la vie semble gratuite.
Ecrit par : pixel | 05 avril 2008
Le problème de fond en l'espèce n'est pas pour ou contre l'échange non autorisé d'oeuvres mais est-ce que la réponse proposée est adéquat ? Est-ce que au nom du droit d'auteur on peut abaisser la protection d'autres droits fondamentaux (vie privée, droits de la défense, droit à l'information, ...) comme le propose Olivennes ?
Est-ce qu'on peut donner les pouvoirs de l'anti-terrorisme, un pouvoir d'exception dans un État de droit, à des agents luttant contre le partage éléctronique ? Est-ce qu'on peut couper l'accès internet d'une famille entière car elle n'arrive pas à empêcher l'utilisation de son accès internet à des fins illégales ? Est-ce qu'on doit interdire les bornes d'accès ouvertes wi-fi (bars, espaces publics numériques, bibliothèque) ?
Pour ma part je ne pense pas et je pense qu'il faut à un moment admettre que comme toute loi le droit d'auteur doit s'adapter aux évolutions technologiques et qu'il convient maintenant de recherche un nouveau contrat social, faisant une part plus large au public et aux artistes, et moins large aux distributeurs... car le problème de fond c'est pas "y-a t-il de la richesse ?" mais comment la répartit-on ? (cf le fric que se font les FAI et les google and co).
Ecrit par : joulin | 05 avril 2008
En plus comparer une oeuvre d'art même immatérialisée à une baguette de pain est réducteur. Car l'art est certes moins vital que le pain (ce qui n'est pas si sûr), mais il a plus de valeur en tant qu'il exprime la souveraineté de l'homme sur toute la nature, c'est-à-dire sa liberté et son immortalité. Quand tu écoutes de la musique tu es immortel pendant le temps que tu l'écoutes, et donc ce n'est pas comme de manger un bout de pain et de l'acheter, c'est plus déterminant et philosophique.
Et une société qui retire sa valeur d'échange aux oeuvres est une société qui prépare le retrait de toute valeur à l'homme ou à la femme-mêmes. C'est clair et manifeste dans le projet contre-culturel en fait.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
@ Joulin,
Aucun droit ne peut être établi sur le fait qu'il priverait quiconque de droits acquis et fondamentaux. Et même si les nécessités techniques l'imposaient... car l'humain prime.
C'est pourquoi les expériences sur les cellules souches des foetus sont interdites.
Le monde de demain ne sera pas ce monde fou des techno-sciences dont vous rêvez, avec tous les monstres qui seraient possibles. On a encore le droit de dire "non" aux monstruosités manifestes. Pour ma part, je ne me verrais jamais en homme-cochon ou homme-vache ou encore homme-machine, ou pire encore en artiste contrefait et donné gratis comme un prostitué à l'abattage. Je préfère encore choisir de crever humain, comme Madame Sébire.
Si t'as rien contre et que ça te dérange pas.
Merci Quitterie pour avoir lancé ce débat aussi intéressant que chaud. Kissyyyaaa Quitteriiiiiiiiiie. C'est toujours bien ce que tu dis !
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
@demian : je ne comprend pas ta réponse. Es tu pour ou contre la réponse proposée par Olivennes ? Sinon que proposes tu pour répondre au fait que des millions de personnes en france ne respectent pas la loi ? La répression (comment ?) ou le changement de contrat social (autorisation d'échanges sur le net d'oeuvres déjà divulguées contre rémunération des créateurs, par ex ?) ?
Ecrit par : joulin | 05 avril 2008
@Pixel
La gratuité est une lubie, c'est vrai. Le payement de l'utilisateur se fera par un autre biais. Par des contributions bénévoles à une communauté liée au produit immatériel consommé.
@Demiam
"Vous agissez comme des drogués qui doivent commettre des délits pour avoir leur dope. Et pour vous étaler sur votre pieu à écouter de la musique tout le jour... et fuir le monde réel."
Vous préjugez beaucoup. C'est dommage, ce n'est pas au service de la réflexion.
Ecrit par : Antonin | 05 avril 2008
L'internet comme le monde matériel va se réglementer, se légiférer, se judiciariser et aura ses flics et ses flicages.Et son système économique sera le même que celui du monde matériel.Prendre le cyber monde pour un lieu où les utopies économique du passé pourrait enfin s'installer me parait une chimère.
Ecrit par : pixel | 05 avril 2008
@Pierre et Nico :Oui il faut soutenir Mediapart à donf, tu as raison Nico, tu as raison Pierre, bises, virginie
Sur le sujet, je le redis je suis de l'avis de Quitterie et d'Antonin mais c'est grace au blog que j'ai decouvert le sujet et je ne me suis pas penchée sur la question comme la plupart d'entre vous, qui semblait à la pointe, donc comme Nico je vais lire attentivement et revenir!
Merci à Quitterie de lancer ce type de debat!
Ecrit par : virginie v | 05 avril 2008
@ Joulin,
Prenez mes mots pour ce qu'ils sont, un constat et pas un reproche. Il est évident que ceux qui rêvent d'un monde de la musique gratuite sont déjà dans l'ailleurs conforme aux opiacées qui n'incitent pas à l'action mais aux dépendances. C'est l'évidence même.
@ Antonin,
Quand une majorité de la population verse dans la délinquance, c'est tout simplement les prémices d'une guerre. Comme dans les années 30. Quand le racisme était devenu un délit généralisé dans la société allemande.
Aujourd'hui le juif c'est l'artiste. Bientôt on lira sur les portes des galeries, "N'achetez pas chez les artistes" comme on pouvait lire "N'achetez pas chez les juifs".
Tristan Tzara a dit que le fascisme pouvait renaître sous des formes insoupçonnées... et nous y sommes.
Car, comme toujours, les fascistes pensent être dans leur bon droit et ils jurent leurs grands dieux qu'ils ne veulent que le bien des autres et de tous.
Si vous retirez leurs revenus et droits aux artistes, vous mettez en oeuvre les dispositifs de leur extermination. Comme les nazis et hitléristes avaient organisé l'extermination des juifs en les empêchant tout d'abord de gagner leur vie, puis en organisant le vol de tous leurs biens. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008
Il faut comprendre que le racisme, pour survivre, a besoin de se dissimuler en de nouvelles formes de haine rationalisée et de la violence institutionnalisée.
L'esprit humain et ses pulsions a trouvé un nouveau bouc émissaire, l'artiste et le créateur. Car il vit selon des modes qui attisent les jalousies et surtout parce qu'il représente la liberté en acte.
Le monde des techno-science doit éliminer les formes de l'art les plus libres, s'il voulait imposer un ordre implacable de l'homme-machine ou prothétique (c'est-à-dire l'homme avec des prothèses machines). Et le fait que des personnes acceptent ce projet déshumanisant de la fin des droits d'auteur signifie que déjà la mécanique des masses armées est en marche.
Souvenez-vous des masses allemandes en 40, elles étaient unies comme un seul homme dans le délit revendiqué comme la plus grande avancée vers la société du futur, et par le biais de la radio qui a permis le vol généralisé d'une partie de la population désignée. On a vu le résultat.
Si Hitler avait créé la bombe H (techno-science) avant les Américains, les juifs et les artistes n'existeraient déjà plus dans le monde.
Ecrit par : Demian West | 05 avril 2008














