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08 juin 2008
Convention Europe du Mouvement démocrate
Un an jour pour jour avant le renouvellement du Parlement européen, le Mouvement démocrate ouvre ses travaux d'Hercule.
Voici un bref résumé réalisé par Marianne Bondaz, que je remercie chaleureusement de son travail de synthétisation.
"De la première table ronde, centrée sur la question du « modèle européen », voici les positions et questions suivantes :
Jérome Vignon (proche de Jacques Delors)
Le modèle social européen possède trois caractéristiques : l’idée d’un contrat de travail, l’importance des intermédiaires sociaux représentant leur communauté de travail et un engagement public pour la solidarité. Si l’ion regarde les pays qui réussissent bien en matière d’équilibre social, les clés de la réussite semblent reposer sur l’équilibre entre formation initiale et formation tout au long de la vie, sur l’accueil et la valorisation des migrants et sur la lutte contre les inégalités en matière de santé.
Gérard Desprez (député européen belge)
Le continent européen est en déclin démographique (en 2050 notre population aura diminué de 75 à 100 millions alors que celle des Etats Unis aura augmenté de 100 millions dans le même temps).
Dans 20 ans, les plus de 65 ans représenteront 32% de la population et la population en âge de travailler diminue.
Le sujet de l’immigration est une obligation absolue car nous aurons une pression migratoire et des besoins migratoires ; il ne faut pas laisser ce sujet aux extrêmes.
La logique répressive est nécessaire contre les mafias et les « négriers de chez nous » mais elle ne suffira pas. Il faut aussi une politique active d’intégration.
Emmanuel Todd
L’Europe est en train de devenir un concept négatif. Ce qui mine l’idée européenne est la confusion entre l’idéal européen et l’idéal du libre-échange.
Contrairement à la théorie, le libre échange n’est pas gagnant-gagnant, il mène à l’explosion des inégalités et à la diminution des salaires considérés comme des coûts purs, ce qui a pour conséquence une contraction du marché intérieur avec la baisse des revenus.
L’Europe a les moyens de se protéger par un système de barrières tarifaires ou de quotas, à condition d’accepter la prééminence de l’Allemagne au plan européen.
Les gens attendent des solutions à leur problème pas un rêve.
Sandro Gozzi (député italien)
Le mal de l’Europe est l’absence de politique économique européenne. On confond les instruments d’action (pacte de stabilité…) et les objectifs (emploi, pouvoir d’achat). Malheureusement la conjoncture politique européenne n’est pas favorable à l a mise en place d’une politique économique forte.
Or ce sont les ultra-libéraux qui par leur fanatisme font monter l’anxiété et la xénophobie.
De la seconde table ronde centrée sur l’Europe dans le monde, voici quelques échos.
Jean-Luc Domenach
Les pays d’Asie montent mais doivent affronter de graves problèmes. Le Tibet est une question coloniale et nous ne sommes pas els mieux placés pour critiquer. La Chine doit passer d’un régime totalitaire à un régime autoritaire ploutocratique.
L’Europe est inefficace en Asie mais a une excellente image grâce à l’euro. L’Europe c’est la mesure dans le monde.
Si nous voulons agir dans le monde, il faut accepter de désigner le chef de file européen le plus adapté par pays (Grande Bretagne en Inde, France au Vietnam, Allemagne en Chine…)
Marcel Mazoyer (ancien de la FAO)
Beaucoup de chiffres… 3 milliards d’êtres humains ont moins de 2 € par jour pour vivre, 1,5 milliards souffrent de malnutrition. Ce sont surtout les paysans qui souffrent de la pauvreté.
L’alimentation étant vitale, on ne peut admettre de réguler l’offre par la demande solvable, sauf à considérer que 30% des êtres humains ne mangent pas à leur faim.
Le partage nécessite de doubler la production agricole ce qui suppose de garantir un prix aux agriculteurs afin que toutes les terres cultivables durablement soient exploitées.
Ce prix doit être fixé en Afrique de manière à permettre aux paysans de vivre (coût de revient avec un revenu au moins égal à 2€ par jour).
Eva Joly (longuement ovationné)
La lutte contre la pauvreté nécessite la lute contre la corruption et les paradis fiscaux qui permettent de piller les ressources des pays pauvres en enrichissant les comptes de leurs dirigeants.
Les enquêtes proches du pouvoir n’aboutissent dans aucun pays. Il faut donc une Justice européenne.
L’entraide judiciaire fonctionne très mal.
Il faut exiger plus de transparence des multinationales sur l’origine de leurs fonds
Tom Brake (député libéral démocrate)
Nous devons réformer la PAC (petite baisse d’écoute de ma part…)
Pour convaincre les européens de la nécessité du développement mondial, il faut leur expliquer que sinon la pression migratoire continuera d’augmenter.
Les pays africains doivent avoir le droit d’être protectionnistes pour protéger leurs paysans.
Conclusion de Marielle de Sarnez
Le monde est passé d’un monde bipolaire à un monde multi-polaire.
Nous devons défendre notre vision socio-économique. Faut-il nous protéger contre la concurrence déloyale en matière de normes sociales et environnementales ? Ne devons nous pas entreprendre de nouvelles politiques (politique industrielle, plan de ferroutage…) ? Comment penser une croissance qualitative permettant d’économiser l’énergie ?
Nous devons porter une nouvelle vision du monde et travailler à l’auto-suffisance des grands ensembles.
Discours de clôture de François Bayrou
Ma présence au Liban est justifiée par la nécessité de « l’unité nationale » face aux grands enjeux du monde. Il y a un risque mondial dans l’affrontement entre deux islam : l’islam sunnite et l’islam chiite.
La politique étrangère européenne doit additionner les politiques étrangères des Etats membres et non effacer ces dernières.
L’Union européenne n’est pas un marché, c’est la défense de valeurs et d’un modèle de société.
La vocation des institutions européenne n’est pas de garantir le marche mais de défendre nos intérêts.
L’Europe, ce n’est pas le nivellement des identités mais la défense des identités.
L’Europe doit servir à défendre les européens dans la globalisation et non à expliquer aux européens qu’ils doivent s’adapter à la globalisation.
Jamais une civilisation vieillissante et riche n’a survécu entourée de pays jeunes et pauvres. Les civilisations meurent de l’opulence, du relâchement et du vieillissement.
Nous devons passer d’une énergie abondante et bon marché à une énergie rare et chère. Cela sera difficile pour nous mais encore plus difficile pour les pauvres.
Cet état de fait inquiète et peut engendrer le phénomène de bouc émissaire."
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Dans un autre style ;-), je me suis employée à interviewer l'homme qui, quelques minutes avant, m'avait torturée par toute une série de question sur mes habitudes de bloggueuse : Olivier Monnot que j'ai le plaisir de croiser régulièrement dans mes parenthèses salvatrices bretonnes. Le résultat de ma tentative journalistique ici et pour la première partie : ici. Vous connaissez certainement Olivier, il avait réalisé l'an dernier un excellent travail durant toute la campagne présidentielle sur Blogonautes. Ravie du résultat et heureuse que pour une fois, il soit passé de l'autre côté de la cam et du micro !
21:08 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : europe, convention européenne mouvement démocrate
06 juin 2008
Opération 7 juin-7 juillet : MODERNISATION = non cumul, les billets du jours et la tribune de Guillaume Desrosiers
Merci à tous pour les différentes contributions.
Chez Werner Büchner, deux billets. L'un sur l'état des lieux en Europe et aux USA repris d'une étude de la C6R. Il faut lire ce document car il fait un très bon tour d'horizons, merci Werner !
L'autre billet s'intitule : "L'infernal cumul des mandats pour un débat sans tabou". Il évoque le décalage entre les déclarations des personnalités politiques et les actes. Il exhorte à la cohérence. Sur son blog, une excellente vidéo de François Bayrou lors du Colloque des Institutions à l'Assemblée Nationale sur cette question du non cumul. Colloque que j'avais eu le plaisir de préparer avec Emmanuel Echivard pour François Bayrou.
XX évoque l'interview de Dominique Voynet sur France Inter hier au sujet du non cumul des mandats. Là aussi est évoqué une demande de cohérence pour la Sénatrice-maire de Montreuil, mais pose aussi la question pour François Bayrou, dans le cas où il aurait été élu maire de Pau. Qu'XX n'hésite pas à installer le bouton pour l'appel au non cumul des mandats avec des citoyens de gauche, du centre comme de droite. (ci-contre).
La tribune du jour, c'est Guillaume Desrosiers qui la signe.
Guillaume a 33 ans, il est professeur d'Histoire-géographie et d'éducation civique à Charenton dans le 92, il est démocrate.
Et si nous n'étions pas capables de crever l'abcès? Car il faut à mon avis creuser plus profond pour l'atteindre, cet abcès.
Les mandats constituent une question de représentativité. Et quels sont les citoyens qui ne sont pas satisfaits de la représentativité? Ceux des partis qui ne sont pas élus. Eux veulent changer les modes de désignation des élus. Parce qu'il leur faut une place. Les partis qui ont remporté les élections trouvent que tout va bien. Bizarre, bizarre...
OK. Mais!
Mais il y a une véritable crise de la représentativité. Celle des citoyens qui regardent leurs élus avec une méfiance profonde.
Et elle place tout autant les citoyens face à leurs propres responsabilités. Car ils sentent bien qu'ils doivent se prendre eux-mêmes par la main. S'informer. Comparer. Réfléchir sur du concret et pas dans le vide. Pas seulement autour d'un verre, quand on se sent chaud, appuyé sur un pilier de bar, pour balancer une idée en public.
On a les hommes politiques qu'on mérite. On le sait bien.
Non-cumul des mandats? Oui, cent fois oui, bien sûr. Mais au nom de quoi? Au nom du mandat confié. Au nom du projet pour lequel on a été élu. Le citoyen doit donc vérifier, et cela régulièrement au cours du mandat, que l'élu reste dans la ligne du projet de son programme.
Eh bien, on en est loin! On vote une "confiance", un chèque en blanc pour une durée limitée. Cette limite nous rassure, mais nous dé-responsabilise. On se dit qu'on se ré-interessera à nos élus avant les prochaines élections. Et la campagne suivante est à nouveau une histoire de communication, d'image, pour obtenir une confiance, et non pas pour valider le choix d'un projet.
C'est magnifique, la confiance, mais quand elle se résume à un vernis, elle devient le cancer de la démocratie. Car, dans ce contexte d'illusion phagocytant la réalité, comment distinguer la démagogie du pouvoir du peuple?
Il faut créer un rendez-vous pour les électeurs, si possible obligatoire, à intervalle régulier pour estimer le travail des élus par rapport à leur programme. Ne serait-ce qu'un seul, à mi-mandat. Cette idée n'est pas neuve, mais elle n'a pas été appliquée.
Dans ce cadre, si on oblige l'élu à coller aux obligations de son mandat, alors le non-cumul devient naturel. Si le mandat est une représentation de type "médiatique", alors le bal des marionnettes peut continuer.
Refusons d'avoir des pantins comme représentants. Exigeons des projets d'envergure, des programmes clairs, des vérifications indépendantes pendant le mandat. Mais surtout, nous autres citoyens, soyons présents, suffisamment près de nos représentants. Et là, le cumul des mandats s'effondrera comme un château de cartes.
Changer le système, oui. Mais pas sans changer les humains. Cette méfiance-là, on n'ose la regarder en face. Elle place trop d'hommes et de femmes politiques face à leur responsabilités. Merci à Hervé de m'avoir mis sur la voie de cette note." Guillaume Desrosiers
15:44 Publié dans Modernisation = non cumul | Lien permanent | Commentaires (45) | Tags : non cumul des mandats, institutions, opération modernisation=non cumul, werner büchner, antoine kowalski, dominique voynet, françois bayrou
05 juin 2008
Opération "7 juin-7 juillet : un mois de buzz pour modernisation = non cumul". 1er article par Laurent Guédon
Pendant un mois, nous allons reprendre les uns les autres des billets et articles des citoyens engagés se prononçant pour l'adoption du non-cumul des mandats. Alors que la société civile n'a pas été jugée apte à être auditionnée dans le cadre de la loi de modernisation de nos institutions, lors de la Commission Balladur, elle s'invite, notamment via le web pour faire entendre sa voix et son exigence de réelle modernisation.
Pour rappel, je citerai une nouvelle fois le Rapport Balladur : « l’interdiction du cumul des mandats et des fonctions est la seule mesure qui corresponde vraiment aux exigences d’une démocratie parlementaire moderne ».
Alors pourquoi un tel silence ? --------------------------------------------------------
"Il est temps de créer un Homme politique nouveau : d'en terminer enfin avec le cumul des mandats."
Par Laurent Guédon (Laurent est militant socialiste depuis la défaite de 2002 et se défini comme un sociale démocrate. Il combat le cumul des mandats notamment au sein de son parti. Laurent est également consultant en informatique.) Retrouvez le texte sur son blog Mediapart.
Les dernières élections, qui ont lieu en mars dernier, ont largement montré les dérives d'une des nombreuses exceptions de la vie politique française. C'est ainsi que, ce printemps, plus de 85 % de nos parlementaires ont passé leur temps, plusieurs semaines durant, à arpenter les marchés, à rédiger des tracts, à serrer les mains et à négocier des accords.
Alors que le reste de l'année les parlementaires n'y prennent place que deux jours par semaines, les sièges de l'assemblée nationale et du sénat ont donc été, pendant toute cette période, désespérément vides. Le travail parlementaire a ainsi été interrompu pour cause de cumul des mandats.
C'est une exception bien française car, hormis en Belgique, le cumul des mandats est ailleurs en Europe, soit fortement limité, soit clairement interdit. Il est ainsi impossible, chez la plupart de nos voisins, de conjuguer une responsabilité nationale avec une fonction locale.
Alors que depuis 1985, quelques rares lois ont été votées afin de restreindre le cumul, nos représentants, ces Hommes politiques modernes, n'ont jamais été aussi nombreux à entasser les différentes responsabilités. Prônant les intérêts communs et ceux de la nation, ils n'ont jamais été aussi nombreux a défendre ce système qui détruit petit à petit la confiance que les électeurs ont envers leurs représentants.
Mais l'Homme politique moderne est outré qu'on lui reproche, à lui, d'être un cumulard et pas à ses petits camarades. Il se croit ainsi injustement maltraité et inquiété alors que les autres ne le sont pas. Comme l'élève puni à l'école primaire, il ressent comme une persécution les critiques et s'émeut que la société en veuille à ses mandats et pas à ceux des autres.
L'Homme politique moderne n'hésite pas à faire valoir que son mandat local lui permet de garder le contact, comme il dit, avec sa modeste terre d'élection. Il met en avant, oubliant que son rôle de parlementaire est de représenter et de travailler pour la nation, sa mission au service des intérêts de son agglomération. Il est, avant d'être le digne représentant de chacun des français, l'élu de sa ville, de son arrondissement, de son canton ou de sa région.
C'est d'ailleurs ce qui permet à l'Homme politique moderne de se dispenser d'être présent aux organes nationaux auxquels il est attaché. Préférant, et comment lui en porter rigueur, se faire bien voir de l'électeur qui le désigne.
Et l'Homme politique moderne attire ensuite l'attention sur le fait que ses électeurs ne semblent pas contrariés outre mesure pas ses autres fonctions puisque ces derniers l'ont - encore - désigné. Bien entendu nous savons bien que ses électeurs, êtres doués d'intelligence, ont noté que la politique local dépendait fortement de leurs votes. Et tant pis pour les collectivités qui, dans leur malheur, n'ont pas cet appui national qui leur est également nécessaire.
L'Homme politique moderne est offensé que l'on puisse lui demander d'abandonner un poste, il fait rapidement comprendre au provocateur que certains élus locaux ne peuvent vivre avec la seule maigre compensation qui lui ait attribuée. Il néglige, bien entendu, d'afficher cette rétribution et surtout d'indiquer que bien souvent, ce sont ceux qui n'en ont pas "le plus besoin" qui se présentent aux élections nationales.
Ainsi l'Homme politique moderne est rarement maire d'une petite ville ou d'un village mais plus souvent patron d'une grande agglomération, d'un département ou d'une région. Le cumul lui permet d'asseoir d'autant plus sa légitime personne sur la baronnie qu'il préside déjà.
L'Homme politique moderne, n'est pas moderne. Il est le résultat d'institutions vieillissantes et d'un archaïque système politique. Un système qu'il est grand temps de changer, de faire évoluer afin de démocratiser un débat politique qui ne l'est plus, de renouveler et de diversifier le visage de nos élus et de mécaniquement progresser vers une représentativité laissant une place plus importante aux femmes et aux minorités.
Il est temps de créer un Homme politique nouveau : d'en terminer enfin avec le cumul des mandats.
12:28 Publié dans Modernisation = non cumul | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : non cumul des mandats, institutions, opération modernisation=non cumul, laurent guédon ps
03 juin 2008
Réforme des institutions adoptée en 1ère lecture à l'Assemblée Nationale : agir, et vite !
Parce que nous ne pouvons assister immobiles à cette mascarade de modernisation de nos institutions, je vous engage une nouvelle fois à soutenir la pétition lancée par Laurent Guédon et Luc Mandret sur le non cumul des mandats, la principale clé, à mes yeux, pour renouveller le personnel politique et ses pratiques. Je reviendrai dans les prochains jours sur ce sujet.
Merci de me signaler votre prose ou tout article sur le sujet dans les commentaires. Il nous reste un mois (avant le 7 juillet) pour faire entendre nos voix. Il nous reste à nous coordonner. A très vite !
23:22 Publié dans Modernisation = non cumul | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : non cumul des mandats, institutions, opération modernisation=non cumul













